Jesuis nĂ© Ă  Galeshewe, un township de Kimberley, en Afrique du Sud, dans une famille trĂšs protectrice. J’ai grandi entourĂ© de femmes, chacune avec son identitĂ© propre, mais toutes ont influencĂ© ma Riccardo Tisci. Ma famille ? Elle dĂ©finit ma structure, mon ancrage, elle est le pilier de ma personnalitĂ©. Elle est tout pour moi ! Je suis nĂ© Ă  Tarente, en Italie du Sud,
Je suis nĂ© il y a soixante-seize ans, huit mois, douze jours et deux heures ici mĂȘme, au mĂȘme endroit, dans cette mĂȘme piĂšce, dans ce mĂȘme lit oĂč je viens brutalement de me rĂ©veiller. Rien n'a changĂ© dans cette piĂšce, dans cette maison, ou si peu, ou par petits morceaux qui ont fait que tout s'est transformĂ©, en fait, mais par bribes, par fractions, peu Ă  peu, sans que l'on s'en rende vraiment compte. Ce lit, lĂ , oĂč je suis allongĂ©, il a maintenant un matelas moderne, un sommier neuf ou presque, la fenĂȘtre elle aussi a Ă©tĂ© agrandie et je peux de ma couche voir la cime de la Dent du Loup, tout au bout de la longue montĂ©e qui part du chalet, Ă  travers le Pra 1 du Four, mon domaine, mon chez moi, lĂ  oĂč je suis nĂ©. Et sous le sommet, Ă  gauche, invisible, mais pourtant toujours lĂ , la Barme 2 de l'Ours, lĂ  oĂč je vais aller tout Ă  l'heure, pour la derniĂšre fois. Cette cabane de l'Adrech 3, que j'habite, devenue peu Ă  peu chalet, c'est mon grand-pĂšre qui l'a montĂ©e de ses propres mains, avec les pierres des environs, taillĂ©es Ă  la masse et assemblĂ©es Ă  la chaux, avec pour charpente et bardage le bois des mĂ©lĂšzes d'Ă  cĂŽtĂ©, sciĂ©, travaillĂ© Ă  la loube 4, Ă  la hache, Ă  l'herminette, pendant des jours et des jours. La chaux, elle Ă©tait faite juste Ă  cĂŽtĂ©, c'est pour ça que ce coin de montagne s'appelle le Pra du Four. Les villageois y amenaient de gros blocs de calcaire tirĂ©s des pentes voisines, qui avec le mulet, des sortes de charretons Ă  bras, et les accumulaient et les empilaient comme une sorte de gros igloo, et y entretenaient par l'ouverture un feu qu'il fallait nourrir, alimenter, avec les arbres mal fichus, les rebuts de la forĂȘt voisine qui n'Ă©taient pas bons pour en faire du bois d'Ɠuvre. Mon pĂšre m'avait un jour racontĂ©, et il le tenait lui-mĂȘme de son pĂšre qui avait fait partie des chauffeurs, que le feu Ă©tait si fort par lĂ -dessous, on amenait des billes entiĂšres, on les passait dans le trou Ă  plusieurs, avec les outils, c'Ă©tait comme si le diable vous les tirait des mains, elles avançaient presque toutes seules, un vrai feu d'enfer ». Et tout ça bien cuit puis longuement refroidi, faisait de la chaux que chacun utilisait pour ses constructions, et les cabanes se montaient, et mon grand-pĂšre avait bien du travail, lui qui Ă©tait arrivĂ© d'Italie par la montagne, pour se louer en France comme bĂ»cheron. Il avait trouvĂ© ici emploi et femme, il avait construit sa cabane, avait eu mon pĂšre d'abord puis une fille, qu'il avait plus tard fait rentrer au village d'origine, au PiĂ©mont, et confiĂ©e Ă  sa propre sƓur cadette, car les jeunes gens d'ici, pour lui, n'Ă©taient que des dĂ©vergondĂ©s paresseux mĂȘme pas bons Ă  garder des chĂšvres ». Mon pĂšre Ă©tait nĂ© lui aussi dans ce lit, dans cette chambre, comme moi, il avait comme moi tout appris de la montagne et des bĂȘtes, des plantes, des cailloux, il avait comme moi respirĂ© l'odeur de l'Ă©clair qui s'abat trop prĂšs de vous, connu les hivers lourds de neige oĂč l'on ne pouvait entrer et sortir de la maison que par la fenĂȘtre, porte bloquĂ©e par une accumulation de neige, avait respirĂ© le printemps plein de l'odeur sucrĂ©e de mille fleurs odorantes, le parfum de la premiĂšre pluie aprĂšs les grosses chaleurs, celle qui ranime une terre durcie de sĂ©cheresse, il avait savourĂ© le fumet des champignons que seul, instruit par son propre pĂšre, il savait dĂ©nicher jusque dans les endroits les plus improbables, il avait comme moi Ă©touffĂ© lors des chaleurs accablantes de l'Ă©tĂ©, il Ă©tait mon pĂšre, un point c'est tout. Lorsqu'il est mort, j'ai gardĂ© de lui un couteau, un vieux, mais inusable couteau forgĂ© dans le village de mon grand-pĂšre, emmanchĂ© dans deux plaques tirĂ©es d'une corne de chamois, mais en fait, j'avais bien plus hĂ©ritĂ© » de lui que cet objet, mĂȘme s'il m'Ă©tait trĂšs cher, j'avais reçu tout son savoir, tous ses conseils, toute sa connaissance de la montagne, tout son amour de ce pays. J'Ă©tais donc le fils d'Emilio, lui-mĂȘme fils de Quinto, mais moi, jusqu'Ă  mes treize ans, je n'avais pas de prĂ©nom. Pas l'officiel, non, celui-lĂ , mon nom de baptĂȘme, je l'avais, bien sĂ»r, mais personne ne semblait le connaĂźtre. Je n'Ă©tais personne, ou si peu quelqu'un, j'Ă©tais le fils de... C'est le fils d'Emilio, du Pra du Four, qu'il est donc costaud, lou pitchoun ». Oui, j'Ă©tais le pitchoun, et mĂȘme des fois tout simplement Pitch, pour tout le monde, la famille, les gens du village, mais pas Ă  l'Ă©cole, pour le maĂźtre ou les copains. Pour notre instituteur, j'Ă©tais Ferratini, pour les autres Ă©lĂšves, parfois FĂ©fĂ©, parfois Tini. Je n'Ă©tais pas le meilleur des Ă©coliers, j'allais mon train, ne m'intĂ©ressant que peu Ă  la classe, faisant honnĂȘtement, mais laborieusement mes devoirs et apprenant difficilement mes leçons. Comme la plupart de mes congĂ©nĂšres, je ne me rĂ©vĂ©lais et ne reprenais vie que dehors, lorsque je pouvais courir la montagne, la forĂȘt, boire Ă  la source que j'avais dĂ©couverte et installĂ©e dans un savant empilement secret de pierres, que je pouvais me gaver de tout ce que m'offrait la nature en fruits sauvages ou chapardĂ©s dans les vergers d'en bas du village, me construire de ces cabanes de branchages absolument invisibles oĂč je pouvais amener mes trĂ©sors, j'Ă©tais un gosse comme il y en avait des milliers hors des villes. J'aurais pu encore longtemps ĂȘtre le Pitch si les circonstances ne s'y Ă©taient pas prĂȘtĂ©es. Le pays Ă©tait alors occupĂ©, beaucoup de juifs s'Ă©taient rĂ©fugiĂ©s sur la cĂŽte et, devant la menace allemande, craignant Ă  juste titre les rafles et la dĂ©portation, ils s'Ă©taient organisĂ©s en filiĂšres et arrivaient nombreux jusque chez nous, au village, passaient quelques jours dans les hĂŽtels ou hĂ©bergĂ©s chez les uns ou les autres, puis attendaient le moment oĂč un groupe se formerait pour passer en Italie par le col de la Vista. Mon pĂšre, qui Ă©tait tout Ă  la fois bĂ»cheron, maçon, paysan, couvreur, qui en fait acceptait tout ce qui se prĂ©sentait comme possibilitĂ© de travail, faisait partie de ces quelques guides ou passeurs qui emmenaient les groupes jusqu'Ă  la terre espĂ©rĂ©e sĂ»re, Ă  travers ces chemins de montagne fort nombreux parmi lesquels il fallait trouver la bonne voie, et surtout la trace la moins escarpĂ©e, la moins pentue, la moins empierrĂ©e, car beaucoup Ă©taient les personnes ĂągĂ©es, ou faibles, et les enfants. De toute façon, tous Ă©taient des citadins qui peinaient Ă©normĂ©ment lors de ces passages, quelques heures de marche, prĂšs de six cents mĂštres de dĂ©nivelĂ© en montĂ©e, et presque six cents en descente cĂŽtĂ© italien, sur des pistes tracĂ©es de toujours par les contrebandiers, chasseurs et autres braconniers, mais peu adaptĂ©es Ă  de fins souliers de ville. Mais la vie Ă©tait Ă  ce prix, et lorsque le temps le permettait, mon pĂšre organisait environ un voyage par semaine, pour tout un groupe hĂ©tĂ©roclite de pauvres fuyards apeurĂ©s, qu'il fallait dissuader d'emmener d'Ă©normes valises pleines de souvenirs, de vĂȘtements hĂ©las impossibles Ă  transporter aussi loin dans ces conditions. C'Ă©tait un crĂšve-cƓur pour tous que de laisser en partant jusqu'aux portraits de leurs dĂ©funts parents, se contenter d'emporter l'argent, les bijoux, les valeurs, et aussi ce qu'ils pouvaient passer sur eux, avec tout au plus en bandouliĂšre un sac de jute transformĂ© pour l'occasion en gigantesque musette. Peu d'ailleurs furent ceux qui revinrent au village aprĂšs la fin de la guerre rĂ©cupĂ©rer les bagages, les photos, les souvenirs, car l'Italie s'Ă©tait rĂ©vĂ©lĂ©e pour la plupart d'entre eux ĂȘtre un piĂšge mortel. Lors d'une de ces journĂ©es de passage, j'Ă©tais rentrĂ© de l'Ă©cole, avais saisi mon goĂ»ter et j'Ă©tais reparti en quĂȘte de je ne sais quelle bĂȘtise au village, avec les copains. Ma sƓur, qui Ă©tait rentrĂ©e Ă  la maison aprĂšs sa journĂ©e de travail Ă  la laiterie coopĂ©rative, Ă©tait venue me trouver dans notre coin favori, vers le bas du hameau, dans une sorte de prairie plate entourĂ©e de chĂątaigniers, oĂč nous Ă©tions occupĂ©s Ă  jouer une partie de ballon endiablĂ©e. Elle paraissait prĂ©occupĂ©e et me dit que maman voulait me voir. Argument bref, mais suffisant pour que je la suive Ă  la maison sans protester. ArrivĂ© lĂ , je vis que mon pĂšre n'Ă©tait pas encore rentrĂ©, lui qui, habituellement, lors de ces traversĂ©es, et Ă©tant donnĂ© l'heure matinale du dĂ©part, sa force, sa jeunesse, sa vivacitĂ©, sa connaissance des chemins, Ă©tait de retour en fin d'aprĂšs-midi, fatiguĂ©, mais heureux d'avoir tout Ă  la fois fait une bonne action, gagnĂ© quelques sous, et content de rassurer ma mĂšre qui tremblait toutes ces journĂ©es. Aujourd'hui, il n'Ă©tait pas encore rentrĂ©, et pourtant le soleil commençait Ă  amorcer sa descente vers le mont Pourri, et il fallait craindre le pire si le soir tombait avant son retour. Alors, moi qui l'avais accompagnĂ© tant de fois lors de nos recherches de gĂ©nĂ©pi, de nos fouilles de terriers de marmottes pour y dĂ©nicher l'animal endormi afin de pouvoir produire quelques centilitres de cette huile qui soulage les rhumatismes de quelques vĂ©nĂ©rables vieillards du village, de nos quĂȘtes de trophĂ©es de mouflons ou de bouquetins au pied des clapiers 5 qui faisaient perdre pied au meilleur de ces admirables montagnards, moi qui Ă©tais trĂšs au fait de cette route qui menait au pays frĂšre, j'Ă©tais chargĂ© par ma mĂšre, malgrĂ© sa crainte, de faire le chemin que devait prendre mon pĂšre pour revenir et voir s'il n'avait pas eu quelques incidents ou pire sur une pierre traĂźtre ou une racine sortante. Il Ă©tait bien convenu que je n'irais pas plus loin que le Brec 6 de la Vacherie, ce qui faisait une bonne heure de montĂ©e d'ici, et que si je ne voyais rien, je devais rebrousser chemin, qu'on irait dĂšs le lendemain au jour avec quelques amis pour aller plus avant dans les recherches. Je promis et partis vite pour profiter au maximum, pour un retour peut-ĂȘtre mouvementĂ©, de la clartĂ© du jour. J'emmenais avec moi une gourde, car le passage ne recelait aucun point d'eau, et une lampe Ă  essence, en plus de quelques aliments au cas oĂč... J'avais marchĂ© d'un bon pas depuis plus d'une demi-heure avec au ventre une sorte de nƓud dont je ne pouvais me dĂ©faire, et puis d'un coup, au sortir d'un passage coudĂ© entre deux Ă©normes rochers et que nous appelons l'EstrĂšch 7, juste aprĂšs avoir longĂ© le Lac Mort, sec depuis toujours, je vis mon pĂšre, debout, vivant, et jamais je n'avais ressenti si grand soulagement, aprĂšs de si sombres craintes. Il Ă©tait appuyĂ©, du cĂŽtĂ© droit, sur une sorte de bĂ©quille qu'il s'Ă©tait fabriquĂ©e avec trois branches sĂšches de vieux mĂ©lĂšze, attachĂ©es entre elles avec de la corde qui ne quittait jamais son sac, et il avait arrangĂ© sur le dessus, pour pouvoir le caler sous son bras, une sorte de coussin avec le vieux gilet en peau de mouton qui lui venait de son pĂšre. Tout bonnement, tout bĂȘtement, comme un monsieur », me dit-il, il s'Ă©tait fait une admirable entorse et se trouvait dans l'absolue incapacitĂ© de porter le poids de son corps sur sa cheville droite. Et, le plus naturellement du monde, il descendait en claudicant, un pas aprĂšs l'autre, en homme qui sait oĂč il va et qui se dit qu'il arrivera quand il arrivera. Il ne me dit pas qu'il Ă©tait heureux de me voir, cela ne se faisait pas chez nous, mais son sourire Ă©tait un des plus beaux que je lui avais vus depuis le jour oĂč nous Ă©tions tous allĂ©s dans le village italien de la famille, pour y rendre visite Ă  sa sƓur notre tante. Je pus donc le dĂ©barrasser de son sac, le dĂ©saltĂ©rer, et ne fus pas de trop, dans certains passages dĂ©licats, pour le soutenir, guider son pied, l'aider, quoi, tout simplement l'aider Ă  marcher. Nous Ă©tions enfin arrivĂ©s dans la derniĂšre descente, en pente assez douce et toute en herbe, lorsque vraiment il nous Ă©tait impossible de plus rien distinguer devant nous. Ma lampe fit merveille, mon pĂšre bĂ©quilla comme personne, et nous n'avons pas Ă©tĂ© surpris de voir au loin monter vers nous une autre lampe, que nous savions tenue par ma mĂšre. À portĂ©e de voix, mon pĂšre rĂ©pondit Ă  une question Ă  peine audible Je suis lĂ , Marie, tout va bien ! ». Nous avons vu d'un coup la lampe descendre brusquement d'un bon mĂštre, ma mĂšre, tendue d'inquiĂ©tude, ayant relĂąchĂ© ses muscles sous l'effet du soulagement. Elle Ă©tait enfin rassurĂ©e aprĂšs ces quelques heures passĂ©es dans l'angoisse de ce qui avait pu arriver Ă  son mari, puis Ă  attendre Ă©galement son fils, les deux hommes de sa vie loin du foyer et peut-ĂȘtre dans le danger. Bref, c'est dĂšs le lendemain que je pus enfin bĂ©nĂ©ficier pleinement de mon prĂ©nom, mon pĂšre se rĂ©pandant dans le village avec des C'est mon Marcellino qui est venu me chercher, tu te rends compte, mon Marcellino, Ă  son Ăąge, faut-il qu'il soit courageux ! » et des Ah ! si mon Marcellino n'Ă©tait pas venu Ă  ma rencontre, je sais pas comment j'aurais fait, j'aurais peut-ĂȘtre passĂ© la nuit dehors, je me voyais mal, hein, il faisait quand mĂȘme pas si chaud, tout lĂ -haut ! ». À partir de ce jour-lĂ , je ne fus plus que rarement le Pitch, ni le fils d'Emilio, mais Marcellino, le fils d'Emilio, ou mieux, Marcellino Ferratini, qui a sauvĂ© son pĂšre. Et justement, lui, une bonne sĂ©ance chez le rebouteux arrangea sa cheville et lorsqu'il alla mieux, et mĂȘme tout Ă  fait bien, ma rĂ©compense arriva avec son plus fidĂšle ami, son compĂšre habituel, Julien le charpentier, par un beau jour qui laissait prĂ©sager une magnifique nuit claire, ils m'emmenĂšrent pour une chasse au chamois pas trop lĂ©gale, mais surtout pour me faire dĂ©couvrir la merveille des merveilles, ce lieu oĂč j'allais me rendre aujourd'hui, la grotte du Quinto, mon grand-pĂšre, cette grotte que j'allais baptiser la Barme de l'Ours, car mes lectures scolaires m'avaient poussĂ© Ă  imaginer que cette grotte, dans des temps lointains, avait accueilli des ours. Le programme Ă©tait le suivant D'abord gagner la grotte, y dĂ©poser nos sacs, puis aller vĂ©rifier que dans certains endroits repĂ©rĂ©s depuis toujours, les chamois avaient bien sĂ©journĂ© lĂ  ou les nuits prĂ©cĂ©dentes, fait facilement vĂ©rifiable par la prĂ©sence de crottes et l'odeur de sauvage qui rĂ©gnait sous le couvert des quelques rĂ©sineux de cet endroit privilĂ©giĂ©. Nous y Ă©tions bien vite, une fois nos sacs vidĂ©s du surplus, et simplement lestĂ©s de quelques petits sacs de sel, prĂ©levĂ©s dans la rĂ©serve qui occupait un coin bien sec de la grotte. À terre, nous avions disposĂ© quelques petits tas de ce sel si apprĂ©ciĂ© des chamois, sur des pierres plates, afin d'Ă©viter que les bĂȘtes n'avalent de la terre, ce qui pouvait ĂȘtre dramatique pour elles. Nous Ă©tions sĂ»rs que cette nuit, les chamois seraient lĂ , parce que ce devait ĂȘtre un de leurs lieux habituels de repos, et parce que le sel les y aurait attirĂ©s. Nous avions regagnĂ© la grotte, pour y prĂ©parer notre repas, des pĂątes Ă  la bĂąchasse 8 On prĂ©pare une sauce Ă  base d'oignon et d'ail fondus dans une gĂ©nĂ©reuse rasade d'huile d'olive, Ă  laquelle on a ajoutĂ© des tomates ultra-mĂ»res coupĂ©es en morceaux, des herbes cueillies au passage et un peu de sel, on y ajoute la quantitĂ© d'eau juste nĂ©cessaire pour faire gonfler les pĂątes, on les y met Ă  cuire, et lorsqu'elles ont bu toute cette eau et commencĂ© sur la flamme vive Ă  rissoler dans la bonne sauce, on les sert vivement, non sans les avoir copieusement mĂ©langĂ©es d'un coup de baguette de pin avec un bon paquet de parmesan rĂąpĂ© amenĂ© prĂ©cautionneusement dans un papier pliĂ© plusieurs fois. Qui n'a jamais mangĂ©, dans le fond d'une grotte obscure, Ă  la lueur d'un feu de bois clair, sur ses genoux, dans une gamelle d'aluminium bosselĂ©e par le temps, une ration de pĂątes Ă  la bĂąchasse Ă  faire pĂ©ter la ceinture, ne connaĂźt rien Ă  rien de la vraie vie. AprĂšs ce repas de roi, que les adultes m'autorisĂšrent avec condescendance Ă  accompagner d'un fond de gobelet de vin lĂ©ger, nous Ă©tions d'attaque pour passer Ă  la traque du chamois. Nous avions quittĂ© alors la grotte, prĂ©cautionneusement, Ă  la seule lueur de la lune. Elle Ă©tait pour moi alors encore plus imposante qu'elle ne l'avait Ă©tĂ© lorsque je l'avais dĂ©couverte en plein jour, et que je me rendais compte d'aprĂšs les dires de mon pĂšre qu'il fallait que je la voie, qu'elle Ă©tait lĂ  devant moi, et que j'avais beau tout regarder de cet enchevĂȘtrement de blocs gigantesques, je ne pouvais pas la distinguer, Ă  mon plus grand agacement. C'Ă©tait lĂ  un des secrets de cette grotte, elle Ă©tait invisible Ă  qui ne savait pas la voir. Il fallait pour cela chercher l'ombre de l'entrĂ©e basse derriĂšre un rocher vaguement pyramidal qui ne laissait supposer Ă  personne qu'il cachait une telle merveille de la nature. Mon grand-pĂšre avait eu en fait trĂšs peu Ă  faire pour amĂ©nager sa retraite secrĂšte, quelques blocs accumulĂ©s çà et lĂ  de façon trĂšs naturelle suffisaient Ă  masquer les Ă©ventuelles ouvertures hautes qui auraient pu la trahir. À l'intĂ©rieur, le chaos de ces immenses blocs avait organisĂ© une piĂšce qui s'ouvrait sur une hauteur presque normale, et allait en s'amincissant doucement vers le fond, et vers la droite, alors que la gauche Ă©tait d'une verticalitĂ© quasiment architecturale. Il arrive parfois que le bouleversement originel d'un massif montagneux fignole de si agrĂ©ables surprises. La surface en Ă©tait assez large pour permettre de s'allonger Ă  six personnes environ, ce qui laissait de la place pour du rangement de victuailles de premiĂšre nĂ©cessitĂ©, de quelques accessoires indispensables pour la cuisine sommaire pratiquĂ©e lĂ , le bois, le sel, et le fusil et les cartouches dissimulĂ©s dans le fin fond du plus profond au-dessus d'un repli de roche fait tout exprĂšs par le hasard. La seule chose qui pouvait trahir ce repaire, lorsque l'on y faisait du feu, Ă©tait bien sĂ»r la fumĂ©e. C'est pour cela que l'on n'allumait un feu qu'Ă  la nuit tombĂ©e, les flammes invisibles Ă  l'intĂ©rieur ne risquant pas, elles non plus, de trahir une prĂ©sence quelconque. J'Ă©tais donc tombĂ© amoureux de cette grotte que depuis toujours, lorsque j'en avais appris l'existence, j'avais surnommĂ© la Barme de l'Ours, bien qu'il soit certain qu'aucun plantigrade, mĂȘme s'il en avait rodĂ© un par ces lieux, n'y avait mis la patte. Une fois dehors Ă  la lumiĂšre des Ă©toiles, il avait fallu que je suive les vieux » pour ne pas manquer le chemin, mais mes yeux Ă©taient neufs, mon pas sĂ»r, et ma souplesse juvĂ©nile faisait le reste. AprĂšs ce que je juge ĂȘtre un peu plus d'une heure, lorsque nous fĂ»mes arrivĂ©s non loin de l'aire de repos des bĂȘtes, mon pĂšre me fit rester sur place, il partit avec son ami, et je n'entendis ni ne vis plus rien jusqu'Ă  ce que, aprĂšs que j'aie comptĂ© dĂ©jĂ  jusqu'Ă  mille trois cents comme s'il s'agissait d'une partie de cache-cache, je perçus successivement et trĂšs rapidement deux Ă©clairs et deux dĂ©tonations, Ă  environ cent cinquante mĂštres sur ma gauche. Encore quelques longues minutes d'attente et ils arrivĂšrent, mon pĂšre chargĂ© des sacs et des armes, et son ami portant en bandouliĂšre, les pattes ficelĂ©es, un chamois que son pelage, ses cornes, son poids, me firent constater le lendemain au jour qu'il s'agissait d'un magnifique jeune mĂąle. Notre nuit passĂ©e dans la grotte ne fut pas mauvaise, et au petit jour, avec un coup d'eau sur la figure et un autre coup d'eau dans le ventre, avec une pomme et un croĂ»ton pour petit dĂ©jeuner, il resta Ă  prĂ©parer l'animal, en l'Ă©tripant, loin de l'abri, et laissant les rapaces et les renards nettoyer l'endroit. La tĂȘte et les pattes furent prĂ©levĂ©es, roulĂ©es dans un sac de toile, et resta une chose Ă  faire qui me laissa mĂ©dusĂ©, car je ne savais pas que cela existait, le secret en avait Ă©tĂ© gardĂ© jusque dans la famille ! Il s'agissait de la glaciĂšre. Pas un meuble que l'on garnissait de pains de glace, non, une glaciĂšre naturelle, dĂ©couverte elle aussi par le grand-pĂšre qui avait dĂ» certainement inspecter toute cette montagne caillou par caillou. À environ quinze minutes de la grotte, en montant vers le sommet, loin de tout chemin marquĂ©, il y avait entre deux blocs une fissure oblique assez large pour laisser passer un homme. On y descendait en se retenant par les bras, et il s'y trouvait une sorte de petite corniche oĂč l'on pouvait se tenir debout Ă  deux, au bord d'une curiositĂ©, d'une faille sans fond apparent, qui avait vu avec les annĂ©es s'accumuler neige et glace, constituant une glaciĂšre naturelle, et il suffisait d'attacher les bĂȘtes que l'on dĂ©sirait y garder par une patte Ă  une corde de plusieurs mĂštres, et on les laissait descendre, nouant la corde Ă  une grosse branche qui avait Ă©tĂ© coincĂ©e lĂ -dedans Ă  cet usage. Les traces d'usure sur le bois laissaient Ă  penser que les animaux mis Ă  conserver ici avaient Ă©tĂ© nombreux, la rĂ©putation de grand braconnier de mon grand-pĂšre n'Ă©tait pas usurpĂ©e, et je pus constater que mon pĂšre avait Ă©tĂ© Ă  bonne Ă©cole. Ce chamois resterait donc ici le temps qu'il faudrait pour en dĂ©biter Ă  la hache les morceaux que ma famille ou celle de Julien dĂ©sireraient accommoder pour un repas ou cĂ©der Ă  quelque personne Ă  qui l'on devait un service. La tĂȘte et les pattes Ă©taient dĂ©jĂ  promises et quasiment vendues Ă  un petit notable du village voisin et ennemi qui dĂ©sirait les faire empailler pour en garnir son salon. Par ces temps de disette, je n'imaginais mĂȘme pas que des personnes, Ă  l'autre bout du pays, auraient fait n'importe quoi pour en obtenir, ne serait-ce qu'une tranche. Pour nous, qui n'avions pas l'habitude de manger souvent de la viande, le poulet, le cochon, le mouton ou le cabri Ă©taient dĂ©jĂ  une fĂȘte, le bƓuf ou le veau un Ă©vĂ©nement, mais le chamois un repas somme toute assez banal. Pour le reste, nous avions toujours rĂ©ussi Ă  nous dĂ©brouiller avec notre production propre, et surtout et avant tout les patates. Le blĂ© non plus ne manquait pas, et le four communal chauffait rĂ©guliĂšrement pour telle ou telle famille, pour la fabrication du pain de la quinzaine, le plus souvent. J'avais donc acquis mon titre officiel de braconnier adjoint, j'avais eu mon heure de gloire, un prĂ©nom enfin connu et prononcĂ©, mais ma vie allait bientĂŽt changer, le certificat d'Ă©tudes approchait, et une fois empochĂ©, m'ouvrait au monde du travail. Comme prĂ©vu, Ă©lĂšve modeste, j'eus un diplĂŽme modeste, mais bien rĂ©el, et il fallait que je choisisse le mĂ©tier que je voulais faire si je ne voulais pas que mon pĂšre dĂ©cide pour moi. Depuis quelques annĂ©es, plus bas dans la vallĂ©e, on avait installĂ© la premiĂšre centrale Ă©lectrique du dĂ©partement, au pied d'un lac semi-artificiel, retenu par un barrage assez petit, et alimentĂ© par deux Ă©normes canalisations qui amenaient en trombes de l'eau de deux gigantesques sources d'altitude captĂ©es et chargĂ©es de nourrir la centrale. Un copain dont le pĂšre Ă©tait commerçant ambulant me dit que celui-ci voulait qu'il l'aide dans le commerce, pour le reprendre par la suite, mais que lui prĂ©fĂ©rait aller travailler Ă  l'Ă©lectricitĂ©, pour changer de coin, voir autre chose, et surtout Ă©chapper Ă  l'Ă©touffement familial qui semblait lui peser. Je dĂ©cidais donc d'en faire autant, et mon pĂšre en resta Ă©bahi, lui qui n'avait jamais connu dans sa vie que le luxe de la lampe Ă  pĂ©trole dans la grande salle et la bougie dans la chambre, car nous Ă©tions quelque peu Ă  l'Ă©cart du gros du village, et faire venir le courant Ă©tait trop cher pour la bourse de mes parents. Les discussions aux repas Ă  propos de l'opportunitĂ© de faire ou de ne pas faire l'Ă©lectricitĂ© furent animĂ©es pendant quelques semaines, puis mon pĂšre cĂ©da, lorsque ma mĂšre eut prononcĂ© ces paroles dĂ©finitives Tu veux quand mĂȘme pas qu'il pantaille 9 comme toi, lui qui a son certificat ! ». L'affaire fut terminĂ©e, et je suis allĂ© avec mon camarade, un beau jour, voir l'ingĂ©nieur », en fait, celui qui habitait dans l'usine avec sa famille pour agir en urgence en cas de panne. Nous sommes revenus de lĂ  complĂštement dĂ©couragĂ©s, il fallait qu'on attende d'avoir seize ans pour l'embauche, c'Ă©tait la loi, on ne pouvait pas ĂȘtre dans l'Ă©lectricitĂ© avant. La dĂ©cision fut facile Ă  prendre J'allais travailler comme apprenti avec l'ami Julien, le charpentier-braconnier, l'ami de la famille. Cela fut fait presque tout de suite, et ces deux annĂ©es furent deux des plus belles de ma vie pourtant assez longue. J'Ă©tais dans un milieu que je connaissais, avec des gens que je connaissais, mes anciens compagnons d'Ă©cole Ă©taient presque tous devenus des coureurs de montagne, des chasseurs et des fĂȘtards de festin 10 de village comme moi, la guerre Ă©tait terminĂ©e, la vie Ă©tait belle, les filles aussi, et je n'avais finalement plus du tout envie de quitter tout ça pour aller travailler Ă  l'Ă©lectricitĂ©. Le reste de ma vie, finalement, s'est passĂ© au pays, ou dans l'attente de retourner au pays, je n'en suis jamais restĂ© longtemps ni beaucoup Ă©loignĂ©, ne serait-ce que par la pensĂ©e. Mais il faut que je bouge, j'ai d'importants projets aujourd'hui, et je sens confusĂ©ment que je ne pourrai pas les remettre Ă  plus tard... Je suis nĂ© il y a soixante-seize ans, huit mois, douze jours et six heures ici mĂȘme, au mĂȘme endroit, dans cette mĂȘme piĂšce, dans ce mĂȘme lit que je viens enfin de quitter, un peu flageolant sur mes vieilles jambes qui ont parcouru tant de ces sentes escarpĂ©es. Le docteur avait raison, il fallait que j'arrĂȘte mes randonnĂ©es, mais je n'ai jamais su ĂȘtre raisonnable, et jusqu'Ă  la limite de mes forces j'ai parcouru ce pays, mon pays, j'en ai connu tous les aspects, savourĂ© toutes les saveurs, goĂ»tĂ© tous les fruits, profitĂ© de tous les instants. J'ai donc dĂ©cidĂ© de me faire un dernier plaisir. Je suis nĂ© il y a soixante-seize ans, huit mois, douze jours et sept heures ici mĂȘme, au mĂȘme endroit, dans ce chalet dont je referme la porte, comme on tirerait le rideau aprĂšs une comĂ©die, ou une tragĂ©die, on ne sait pas. Je vais me rendre Ă  cette grotte, Ă  cette Barme de l'Ours, profiter pleinement de cette derniĂšre randonnĂ©e. J'ai le pas lent, mais je voyage lĂ©ger, inutile de me charger de quoi que ce soit, c'est un voyage en aller simple. Un bĂąton pour assurer mes pas, et en avant sans me retourner, surtout ne pas se retourner. Il fait dĂ©jĂ  frais, la saison est bien avancĂ©e, ce sera un hiver peut-ĂȘtre rude qui succĂ©dera Ă  cet automne qui a des prĂ©tentions Ă  vouloir glacer son monde. Je ne voyage pas vraiment seul. Je sens Ă  cĂŽtĂ© de moi des ombres qui m'aident et me soutiennent dans les passages difficiles, comme je l'avais fait avec mon pĂšre il y a de cela... trop longtemps. Il est lĂ , pas loin, avec son ami Ă©ternel, Julien, et ma mĂšre les suit, sans doute toujours inquiĂšte, ma tante Ă  ses cĂŽtĂ©s, et derriĂšre eux, la cohorte des parents de mes parents et leurs parents. Je me sens accompagnĂ© de toute une kyrielle de gens que j'ai aimĂ©s, qui ont disparu avant moi, qui me connaissent et me mĂšnent et m'aident dans mon voyage sans retour. Mes proches le sont vraiment, malgrĂ© tout, malgrĂ© leur Ă©loignement gĂ©ographique, je leur envoie par tĂ©lĂ©pathie des demandes de pardon, des priĂšres de m'excuser, des appels Ă  comprĂ©hension, et je suis presque certain que ces messages sont arrivĂ©s. Je ne sais pas comment ils sont reçus, en pensĂ©e, en intuition, en rĂȘve, ou en prĂ©monition, mais peu m'importe, je ne veux plus reculer, ce serait impossible, psychologiquement et surtout physiquement, je ne peux plus revenir en arriĂšre. J'ai lu un jour que le froid procurait une mort douce, insensiblement entamĂ©e par un sommeil irrĂ©sistible. Cela est restĂ© en moi depuis toujours, et j'ai dĂ©cidĂ© de l'Ă©prouver, il n'y a pas d'Ăąge pour les expĂ©riences scientifiques. Je pars le cƓur lĂ©ger, conscient de mon dĂ©sir d'essayer de partir apaisĂ©. Je suis nĂ© il y a soixante-seize ans, huit mois, douze jours et douze heures lĂ -bas, dans ce chalet dont je devine Ă  peine la forme dans ce dĂ©but de soirĂ©e, de mes yeux fatiguĂ©s. Je suis pratiquement arrivĂ© au but de mon pĂ©riple. Je vais d'ici peu me faufiler dans l'entrĂ©e de la Barme de l'Ours. Je suis heureux d'y ĂȘtre arrivĂ©, car j'ai rendez-vous avec mon enfance. Je ne regrette rien de ma vie somme toute assez banale. Dans d'autres circonstances, peut-ĂȘtre que je ferais en ce moment mĂȘme une belote dans le foyer des vieux du village, avant de rentrer chauffer mes vieux os Ă  l'hĂŽpital. J'ai choisi, pour ĂȘtre fidĂšle Ă  moi-mĂȘme, de vivre ma mort. Mais pardonnez-moi maintenant, je dois vous laisser, j'ai un rendez-vous pris depuis trĂšs longtemps avec mon pĂšre. Je suis mort ici, cette nuit, vers trois heures, Ă  peu prĂšs l'heure de ma naissance, refroidi doucement en mĂȘme temps que le petit feu que j'avais allumĂ©, flamme devenant peu Ă  peu cendre grise, l'un doucement Ă©teint, l'autre lentement engourdi, rĂȘvant qu'un jour un de mes petits-fils pourra Ă  son tour dĂ©couvrir cette grotte et tous les autres secrets que j'ai Ă©crits avant de partir. PrĂšs de moi, le couteau du grand-pĂšre, garni de corne de chamois, Ă  la lame plus qu'usĂ©e, elle aussi... Je ne regrette dĂ©cidĂ©ment rien. 1 PrĂ© 2 Balme = Grotte 3 Adret 4 Scie Ă  refendre conçue pour ĂȘtre utilisĂ©e Ă  deux 5 Éboulis 6 BrĂšche, col 7 RĂ©trĂ©ci, resserrĂ© 8 MĂ©lange, mixture 9 Pantailler Faire l'idiot 10 FĂȘte votive de village Vous aimerez aussi !Nouvelles Puncak JayaPamela Hayek L'instant se prolongeait, le temps amorti prenait les traits de l'Ă©ternitĂ©. Junko ne ressentait plus la douleur qui dĂ©vorait ses jambes. Son corps las se revigora. Le septiĂšme sommet Puncak ... [+]Nouvelles Sans titreRenise Charles Du plus loin que me reviennent mes souvenirs avec mon pĂšre, je vois toujours le petit cafĂ© du passage Helluin et notre table illuminĂ©e par les rayons du soleil traversant le plafond en verriĂšre ... 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 Ajouter Ă  cela les magnifiques ornementations florales rĂ©alisĂ©es par l’agent M. Guy Ferrari dont on peut voir quelques clichĂ©s ci-dessous
 Marmite florale devant l’entrĂ©e des Anthocyanes Compositions florales dans le parc du lycĂ©e Compositions florales dans le parc du lycĂ©e Et puis ces photographies signĂ©es de Bernadette Carme, la Proviseure de l’établissement
 Et enfin, cette chanson de Daniel Darc, avec la cĂ©lĂšbre phrase de CĂ©line comme titre
 C’est moi le printemps » 2011, par Daniel Darc J’suis nĂ© en mai, c’est moi l’printemps D’un ventre Ă©pais, j’ai foutu l’camp Mais scarifiĂ©, mais en pleurant Mais sacrifiĂ©, mais en passant. J’suis nĂ© en mai, c’est moi l’printemps J’ai rien d’mandĂ©, ouais mais pourtant J’ai dĂ©chirĂ©, Ă  grands coups d’dents Le fil d’acier m’emprisonnant J’suis nĂ© en mai, c’est moi l’printemps Moi qui rĂȘvais, d’hiver tout blanc Na na na na, na na na na Na na na na, na na na na J’ai foutu l’camp Na na na na na, na na na na Na na na na na, na na na na J’suis nĂ© en mai, c’est moi l’printemps D’un ventre Ă©pais, j’ai foutu l’camp Un ange déçu, ange de nĂ©on Un ange de plus, ange de nĂ©ant J’suis nĂ© en mai, c’est moi l’printemps Quand j’s’rai foutu, il rest’ra le vent Quand j’m’en irai, quand j’s’rai partant J’aurai pas de regrets, soyez contents J’suis nĂ© en mai, c’est moi l’printemps Moi qui espĂ©rais des anges troublants J’suis nĂ© en mai, c’est moi l’printemps D’un ventre Ă©pais, j’ai foutu l’camp Na na na na, na na na na Na na na na na, na na na na Il est beau le printemps ! Non ? Il est tout p’tit pour les gens qui s’aiment comme nous le printemps HĂ© hĂ© hĂ© hĂ© Il est beau le printemps J’suis nĂ© en mai ouais voici C’est beau le printemps Clip officiel de la chanson ici
\n \n \n je suis né en mai c est moi le printemps
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Christiane Taubira, une femme insultĂ©e par le maxi Sarkozy CoppĂ© ne peut pas ĂȘtre mauvaise - Go du moment Roger Coy Ă  propos de la sape - Dakar Biennale 2012
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SuisnĂ© en mai, c'est moi l'printemps D'un ventre Ă©pais, j'ai foutu l'camp Mais scarifiĂ©, mais en pleurant Mais sacrifiĂ©, mais en passant. J'ai rien d'mandĂ©, ouais mais pourtant J'ai dĂ©chirĂ©, Ă  grands coups dents Le fil d'acier m'emprisonnant Moi qui rĂȘvait, d'hiver tout blanc Na na na na, na na na na J'ai foutu l'camp Na na na na na, na na na na Un ange déçu, ange de nĂ©on Un ange Cette Ɠuvre est mise Ă  disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale International. Il a dit qu’on devait attendre le printemps. » La fillette referma la porte de la vieille serre. Elle s’accroupit et de quelques gestes de la main, elle essaya de dĂ©gager le mĂ©lange de terre, de sable et de poussiĂšre qui recouvrait le vieux parquet. Elle posa son Ă©charpe sur le sol, et s’assit en tailleurs en face de son frĂšre. Il n’avait pas levĂ© les yeux. La tĂȘte entre les mains, il fixait le petit pot de verre qui trĂŽnait entre eux. Au fond, deux petits cotons humides et dĂ©licatement posĂ©es au-dessus, prĂ©cieux bijoux, trois petites graines. C’est quand, demanda-t-il sans mĂȘme un regard. – Le printemps ? – Oui, c’est quand le printemps, rĂ©pĂ©ta-t-il avec une pointe d’agacement. » Il n’était pas patient. Il Ă©tait nĂ© comme ça, avait dit papa un jour. Elle ne savait pas rĂ©pondre. Eh bien
 Le printemps, vois-tu Denis, c’est aprĂšs l’hiver. – Mais l’hiver, c’est maintenant, non ? – Oui, c’est bien ça, rĂ©pondit-elle fiĂšrement. – Alors le printemps, c’est aprĂšs maintenant ? » Nouvelle colle. Elle resta interloquĂ©e. Oui le printemps ce serait aprĂšs maintenant. Mais maintenant, ça durait longtemps parfois. Ca, elle ne saurait pas lui expliquer. Il ne saurait pas comprendre non plus. Il fallait trouver autre chose. Elle se releva et fit le tour de la piĂšce en un regard. Il faisait sombre malgrĂ© les trois parois vitrĂ©es. C’était ça, la rĂ©ponse. Le printemps, Denis, c’est quand le soleil revient, et qu’on y voit de nouveau quelque chose dans cette vĂ©randa ! » Denis leva enfin la tĂȘte. Il observa attentivement les vitres crasseuses du plafond de verre. La terre s’y reposait, la poussiĂšre s’y endormait, les branches de lierre y couraient, les fientes d’oiseaux s’y Ă©crasaient, les aiguilles de pins s’y roulaient. Les rayons du soleil n’y passaient plus depuis un long moment. Printemps ou non. Il se leva Ă  son tour, passa malicieusement au-dessus du pot de graines sous le regard inquiet de Sophie et chercha Ă  tĂątons sur les Ă©tagĂšres du mur de briques. Il y ramassa un balai qui attendait tranquillement que sa calvitie termine son travail pour devenir parfaitement inutile. Denis empila les cartons, pots de peinture, d’engrais et y posa un escabeau tremblant. Tiens-moi le balais, ordonna-t-il Ă  Sophie. » Elle s’exĂ©cuta, sans fausse espĂ©rance sur ce qu’il adviendrait de cette montagne bancale. Denis escalada pĂ©niblement. Sophie, Ă  l’aide de sa main droite, tentait de maintenir l’escabeau Ă  peu prĂšs stable. Denis Ă©tait parvenu en haut. En haut de l’escabeau. Il touchait le plafond de ses mains. Il ne se rendit pas compte que la saletĂ© qu’il voulait enlever Ă©tait Ă  l’extĂ©rieur. Il ne se rendit pas compte que son plan n’avait aucune chance de rĂ©ussir. Il n’avait pas le temps de s’en rendre compte. Il voulait faire venir le printemps. Donne-moi le balai. » Il Ă©tait en haut, tout en haut. Assez haut pour plaquer sa main sur la vitre froide. Assez haut pour qu’elle lui dise de regarder, de toucher, de sentir que ce qu’il voulait retirer n’était pas lĂ . Assez haut pour qu’il comprenne, peut-ĂȘtre, qu’il n’était pas du bon cĂŽtĂ©. Denis
, commença-t-elle, plaintive. – Le balai ! » Il n’était pas patient. Il Ă©tait nĂ© comme ça, avait dit papa un jour. Sophie le savait. Il la regardait, agacĂ©. Il Ă©tait lĂ , tout en haut, prĂȘt Ă  faire entrer le printemps. Tout en haut. Juste assez haut pour que Sophie ait besoin de se mettre sur la pointe des pieds pour lui donner le balai. Juste assez haut pour qu’elle ait besoin de se donner une lĂ©gĂšre impulsion. Juste assez haut pour qu’elle ait besoin de se tirer, rien qu’un peu, Ă  l’aide de sa main droite. Juste assez haut pour qu’elle ait besoin de dĂ©sĂ©quilibrer la fragile structure. L’escabeau bascula. Les cartons et les pots de peinture et d’engrais aussi. Denis tenta de se raccrocher sans succĂšs Ă  quelque chose, mais il ne trouva que l’escabeau qui tombait avec lui. Sophie eut le rĂ©flexe de se mouvoir en dehors de la trajectoire de l’avalanche. Denis s’étala Ă  terre. Il geignit un peu. Pas longtemps. Il se releva, un peu sonnĂ©. Il secoua machinalement la tĂȘte. Ses cheveux fouettaient l’air, expulsant un nuage de poussiĂšre et de terre. Il posa son regard sur Sophie et sur le balai. Tu l’as fait exprĂšs ! Tu ne veux pas que je fasse venir le printemps ! Tu l’as fait exprĂšs, de me faire tomber ! T’as pas envie que nos graines elles poussent et que moi je fasse venir le printemps ! » Il se prĂ©cipita sur elle et s’agrippa frĂ©nĂ©tiquement au balai. Elle ne le lĂącha pas. Il agitait ses bras, vers l’avant, vers l’arriĂšre, vers la droite, vers la gauche. Il tourna le manche, dans tous les sens. Il ne voulait plus qu’elle le lĂąche. Il voulait qu’elle s’y tienne de toutes ses forces. Il voulait lui faire mal. Lui tordre les bras, les poignets, les doigts. Elle ne lĂącha pas, mais elle ne souffrit pas non plus. Il s’épuisa dans sa colĂšre. Il s’effondra dans sa colĂšre. Les larmes coulaient le long de ses joues terreuses. Il rampa jusqu’au petit pot de verre qui avait Ă©tĂ© Ă©pargnĂ© par les cataclysmes. Il le prit entre ses bras, pour le protĂ©ger. Ses larmes boueuses coulaient sur les graines. Je veux qu’elles poussent. Je veux qu’elles grandissent. Je veux qu’elles vivent ! Je ne veux pas attendre le printemps. Il n’arrivera jamais le printemps. » Il marmonnait, reniflait, rĂ©pĂ©tait, sanglotait. Sophie avait laissĂ© tomber le balai. Elle fouillait dans la pagaille qu’ils avaient mise. Elle l’entendait se plaindre. Elle sortit une vieille lampe Ă  huile, quelques miroirs, un paquet d’allumettes. Elle s’approcha de son frĂšre. Elle posa tout le matĂ©riel Ă  cĂŽtĂ©, puis se colla tendrement Ă  lui. Regarde Denis, on va le faire venir le printemps. On va le faire nous-mĂȘme, notre soleil. On va les faire grandir nos graines, lui dit-elle avec une infinie douceur. » Denis releva la tĂȘte. La terre sur ses joues Ă©tait creusĂ©e par les sillons des riviĂšres de larmes qui avaient arrosĂ© les graines. Il Ă©carta les bras, laissant Sophie se saisir du petit pot de verre. Elle le dĂ©posa sur une commode branlante qui renfermait toutes sortes d’outils que papa n’utilisait jamais en hiver. Elle disposa tout autour les miroirs. Et enfin, elle mit au centre, la lampe Ă  huile. Elle craqua une allumette, souleva le tube de verre, enflamma la mĂšche et redĂ©posa l’étranglement. La flamme s’étira dans le cylindre cristallin. De tout son long, elle envoyait fiĂšrement sa lumiĂšre jusqu’aux miroirs qui la renvoyaient Ă  leur tour vers le petit pot de verre. Les graines Ă©taient baignĂ©es d’une pĂąle lumiĂšre jaune. Denis regardait le spectacle Ă©merveillĂ©. De temps en temps, la flamme vacillait, faisant jouer les ombres sur les graines. Elles grandissaient, se rapetissaient, s’envolaient au grĂ© des courants d’air et des fissures du tube de verre. Est-ce qu’elles vont pousser maintenant, demanda-t-il trĂšs doucement, comme pour ne pas les dĂ©ranger. – Il faut attendre encore un peu, lui rĂ©pondit-elle. – Mais, le printemps est lĂ , n’est-ce pas ? » Sophie ne rĂ©pondit rien. Elle ne voulait pas qu’il s’énerve de nouveau. Il n’était pas patient. Il Ă©tait nĂ© comme ça, avait dit papa un jour. Sophie le savait. Elle lui en avait voulu, d’ĂȘtre si impatient. Si impatient qu’il ne savait pas attendre que sa soupe refroidisse pour la manger. Si impatient qu’il prĂ©fĂ©rait trĂ©bucher plutĂŽt que de prendre le temps de lacer ses chaussures. Si impatient qu’il prĂ©fĂ©rait avoir des aphtes plutĂŽt que de prendre le temps d’éplucher ses pommes. Si impatient que papa passait les passages inutiles lorsqu’il racontait des histoires. Si impatient qu’il n’était pas capable d’attendre que le printemps soit lĂ . Il Ă©tait nĂ© comme ça, avait dit un jour papa. Sophie le savait. Il Ă©tait nĂ© si impatient qu’il n’avait pas voulu attendre que maman soit prĂȘte pour le faire venir au monde. Si impatient qu’il Ă©tait arrivĂ© deux mois plus tĂŽt que tous les autres bĂ©bĂ©s. Si impatient qu’il avait pris maman et tous les docteurs par surprise. Il aurait dĂ» naĂźtre Ă  la fin mars, ils Ă©taient tous d’accord lĂ -dessus. La chambre aurait dĂ» ĂȘtre prĂȘte pour la fin mars. Maman aurait Ă©tĂ© prĂȘte pour fin mars. Le baptĂȘme Ă©tait dĂ©jĂ  prĂ©vu pour fin mars. On avait envoyĂ© les invitations. Sophie elle-mĂȘme avait collĂ© les timbres. Elle le savait. Mais il Ă©tait nĂ© impatient. Si impatient qu’il Ă©tait arrivĂ© si fragile dans le monde que les mĂ©decins ne lui donnaient aucune chance de vivre son impatience. Il Ă©tait nĂ© comme ça, avait dit un jour papa. Sophie le savait. Elle le savait parce qu’elle Ă©tait lĂ . Fillette qui avait vu ce petit frĂšre tant attendu arriver avec tant de prĂ©cipitation. Il aurait pu attendre ! S’il avait attendu, maman aurait Ă©tĂ© prĂȘte. Mais non, il fallait que dĂ©jĂ  il ne soit pas capable d’attendre que le printemps soit lĂ  ! Elle le savait, parce qu’elle Ă©tait lĂ . Sophie avait vu ce petit frĂšre arriver. Sophie le savait parce qu’elle Ă©tait lĂ . Elle Ă©tait lĂ  quand sa mĂšre s’en Ă©tait allĂ©e alors que son petit frĂšre se prĂ©cipitait dĂ©jĂ . Denise. Elle s’appelait Denise. Elle Ă©tait partie Ă  cause de son impatience. Sophie l’avait longtemps cru. Elle en avait voulu Ă  son petit frĂšre. Deux mois durant, elle ne se pencha pas sur son berceau. Elle ne voulait pas savoir Ă  quoi il ressemblait. Elle ne voulait pas savoir qu’il existait. Elle ne voulait pas savoir. Elle entendait ses pleurs, ses cris, ses braillements. Il rĂ©clamait sans cesse. Puis le printemps arriva. Elle voulut aller Ă  son berceau. Il pleurait sans cesse. Elle voulut le faire taire. Elle voulut lui faire du mal. Pour qu’il cesse de pleurer. Pour qu’il souffre, comme il la faisait souffrir. Elle voulut ĂȘtre mĂ©chante. Juste mĂ©chante, pour pouvoir se venger. Elle entra dans sa chambre. Elle y trouva papa qui le berçait. C’était la premiĂšre fois qu’il la voyait venir vers le bĂ©bĂ©. Viens, approche Sophie. – Il pleure tout le temps. Je ne veux pas le voir. Je ne veux pas l’entendre. Je ne veux pas savoir qu’il est lĂ . » Elle resta dans l’entrebĂąillement de la porte. Papa s’approcha, serrant fort son petit frĂšre dans ses bras. Il l’approcha de Sophie. Elle le regarda sĂ©vĂšrement, puis dĂ©tourna la tĂȘte. Il n’y est pour rien, tu sais Sophie. Il est nĂ© comme ça, c’est tout, lui dit papa, calmement. – Il aurait pu attendre. S’il avait attendu, maman aurait Ă©tĂ© avec nous encore, dit-elle en sanglotant. – Il n’a pas choisi Sophie. Lui aussi il aimerait que maman soit avec nous. – Je sais papa. Mais j’aurais voulu qu’il attende le printemps et maman. » Elle lui en avait voulu quelques temps encore. Puis elle avait pardonnĂ©. Enfin elle avait compris. Il n’y Ă©tait pour rien. Il Ă©tait nĂ© comme ça, avait dit papa un jour. Sophie le savait. Dis Sophie, le printemps est lĂ  n’est-ce pas ? » Il la regarda intensĂ©ment. Son visage Ă©tait balayĂ© par la lumiĂšre de la flammĂšche qui jouait dans les crevasses terreuses de son visage. Elle coulait le long des sillons, faisant briller ici et lĂ  une larme perdue. Ses yeux verts rougis brillaient d’un espoir intense. Sophie le prit dans ses bras et l’embrassa amoureusement sur le front. Je ne crois pas que le printemps soit dĂ©jĂ  lĂ , mais notre printemps est lĂ , mon Denis. » Il posait ce petit bout de mĂ©tal partout sur le ventre de maman. Un long tube le reliait Ă  ses oreilles. A chaque fois, il levait les yeux vers le ciel, semblait marmonner quelques mots, puis le posait Ă  un nouvel endroit. Le vieil homme retira l’appareil de ses oreilles. Il avait le regard grave, concentrĂ©. Il marqua un temps d’arrĂȘt. Il regarda maman, qui Ă©tait allongĂ©e devant lui sur le sofa, puis il se tourna vers papa et Sophie, agrippĂ©e dans ses bras. Il trempa un linge dans un seau d’eau glacĂ©e, et Ă©pongea de nouveau le front de maman. Il rangea le tube de caoutchouc qu’il avait dans les oreilles quelques instants auparavant dans sa caisse de voyage pleine de fioles, cartouches et autres seringues. Il rĂ©ajusta ses petites lunettes rondes qui lui Ă©taient tombĂ©es sur le bout du nez. Monsieur Mougeot, il n’y a aucune inquiĂ©tude Ă  avoir pour votre femme, elle va bien. Elle est enceinte. » Un large sourire Ă©claira le visage de papa et de maman. Elle passa ses mains sur son ventre. Le mĂ©decin prit congĂ©. Je repasserai d’ici deux Ă  trois mois pour m’assurer que tout se passe bien. Le bĂ©bĂ© devrait venir pour le printemps. » Il s’en alla. Sophie restait interloquĂ©e dans les bras de papa qui s’était assis Ă  cĂŽtĂ© de maman, sur le bout du lit. Tu as entendu Sophie, tu vas avoir un petit frĂšre ou une petite sƓur ! » Sophie Ă©clata de joie. Elle sauta des genoux de son papa et alla poser sa tĂȘte sur le ventre de maman. Quand est-ce qu’il arrivera, dĂźtes, demanda-t-elle avec une joyeuse impatience. – Au printemps, a dit le mĂ©decin, rĂ©pondit maman avec douceur. – J’ai tellement hĂąte ! J’aimerais tellement ne pas devoir attendre jusqu’au printemps ! » Merci de votre lecture!Ce blog est un blog de travail, alors n’hĂ©sitez pas Ă  me faire vos retours en commentaires!Si vous aussi, vous ĂȘtes un peu impatient, abonnez-vous Ă  la newsletter pour ĂȘtre tenu informĂ© de ma prochaine publication!Si vous voulez me soutenir, n’hĂ©sitez pas Ă  partager ce texte! Tu peux m’aider Ă  vivre de ma passion et de mon travail en me soutenant sur Tipeee! Tu peux aussi me laisser dans les commentaires Des idĂ©es de thĂšmes, des mots Ă  placer, des dĂ©fis
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DĂ©butPage prĂ©cedentePage suivanteFin Branlette avant de sortir de la maison et branlette en rentrant. Douches froides et exercices pour se changer l'esprit. Tout faire pour ne pas mater et respirer avec la bouche pour ne pas sentir les phĂ©romones touchants les cloisons nasales. Le 16 mai 2022 Ă  201549 Heureusement que je travail Ă  l'usine avec que des couilles. Si j'Ă©tais dans un bureau je tiendrais pas. Force aux kheys puceaux qui doivent collaborer avec des bonnasses en jupe. Moi avec Momo et Pedro je suis safe Bon javoue avec la phrase de la fin t’as gagnĂ© ptn elles sont trop bonne Le 16 mai 2022 Ă  201627 Le 16 mai 2022 Ă  201240 Le 16 mai 2022 Ă  201136 Idem mais ne te focalise pas dessus c’est secondaire dans la vieSachant que c'est par cet acte que je suis actuellement lĂ  Ă  t'Ă©crire, non c'est pas secondaire, c'est mĂȘme la base de tout. J'en ai marre bordel de merde.. Ahaha pourquoi tu crois que moi je suis nĂ© grĂące Ă  une cigogne , je suis aussi puceau mais je vois le verre Ă  moitiĂ© pleins ça sert Ă  rien de se morfondreAge ? J'y arrive plus persoent. Je suis omnibulĂ© par ces conneries Le 16 mai 2022 Ă  201549 Heureusement que je travail Ă  l'usine avec que des couilles. Si j'Ă©tais dans un bureau je tiendrais pas. Force aux kheys puceaux qui doivent collaborer avec des bonnasses en jupe. Moi avec Momo et Pedro je suis safe je travaille Ă  l'hopital. Je devisn zinzin, fou, tarĂ© T'es comment l'auteur physiquement ? Beau ? Moche ? Lambda ? Le 16 mai 2022 Ă  201658 Branlette avant de sortir de la maison et branlette en rentrant. Douches froides et exercices pour se changer l'esprit. Tout faire pour ne pas mater et respirer avec la bouche pour ne pas sentir les phĂ©romones touchants les cloisons nasales. AYAAAAAAAAAAAA t’es un tueur khey Le 16 mai 2022 Ă  201643 abordes un fille lambda, dis lui qu'elle te plait, invites la Ă  boire un verre, reste en contacte WattpSi tu fais ca avec 10 meufs, en 48h tu n'es plus puceauCertifiĂ© no FakeJe suis moche clĂ©. Sinon j'essaierais qqch. En plus je suis un prolo je suis passĂ© devant un lycĂ©e aujourd'hui voir les 10/10 en crop top m'a rappelĂ© comment j'aurai aimĂ© ĂȘtre un chad au lycĂ©e A partir du mois de mai, c'est branlette tous les jours pour ne pas devenir fou Le 16 mai 2022 Ă  201744 Le 16 mai 2022 Ă  201658 Branlette avant de sortir de la maison et branlette en rentrant. Douches froides et exercices pour se changer l'esprit. Tout faire pour ne pas mater et respirer avec la bouche pour ne pas sentir les phĂ©romones touchants les cloisons nasales. AYAAAAAAAAAAAA t’es un tueur khey20 ans de pucellerie coule dans mes veines, j'ai de l'expĂ©rience dans le milieu Le 16 mai 2022 Ă  201740 Le 16 mai 2022 Ă  201549 Heureusement que je travail Ă  l'usine avec que des couilles. Si j'Ă©tais dans un bureau je tiendrais pas. Force aux kheys puceaux qui doivent collaborer avec des bonnasses en jupe. Moi avec Momo et Pedro je suis safe je travaille Ă  l'hopital. Je devisn zinzin, fou, tarĂ© Lodeur des infirmiĂšres qui t'ennivres. Zinzin Ma collĂšgue en dĂ©bardeur avec dĂ©colletĂ© de ouf, petites sandales qui rĂ©vĂšlent ses beaux feet, bordel j'en peux plus les kheys Le 16 mai 2022 Ă  201726 Le 16 mai 2022 Ă  201627 Le 16 mai 2022 Ă  201240 Le 16 mai 2022 Ă  201136 Idem mais ne te focalise pas dessus c’est secondaire dans la vieSachant que c'est par cet acte que je suis actuellement lĂ  Ă  t'Ă©crire, non c'est pas secondaire, c'est mĂȘme la base de tout. J'en ai marre bordel de merde.. Ahaha pourquoi tu crois que moi je suis nĂ© grĂące Ă  une cigogne , je suis aussi puceau mais je vois le verre Ă  moitiĂ© pleins ça sert Ă  rien de se morfondreAge ? J'y arrive plus persoent. Je suis omnibulĂ© par ces conneries 21 ans je suis dans la fleur de l’ñge, toutes mes connaissances s’amusent avec les femmes et moi j’en ai jamais eu une seule Branlette ou go escort pour les plus Ă©conomes Le 16 mai 2022 Ă  201743 T'es comment l'auteur physiquement ? Beau ? Moche ? Lambda ?Lambda moche, prolo vit chez sa mĂšre Le 16 mai 2022 Ă  200222 ne partez pas sur les escortes les gars respectez vous musclez vous, ayez confiance en vous ne donnez plus d'importance a ces dindes mais Ă  vous mĂȘme, c'est comme ca que nous les hommes nous changerons les choses !+1000 Passer devant un lycĂ©e en mai. Le 16 mai 2022 Ă  201549 Heureusement que je travail Ă  l'usine avec que des couilles. Si j'Ă©tais dans un bureau je tiendrais pas. Force aux kheys puceaux qui doivent collaborer avec des bonnasses en jupe. Moi avec Momo et Pedro je suis safe C'est exactement ce que je vis putain je travaille dans un bureau avec 2 bonasses de 25 ans et avec l'Ă©tĂ© ça sort les minijupes, les crop tops et les robes, je deviens zinzin Faut absolument que je go muscu pour pouvoir gĂ©rer des filles car c'est plus possible la Le 16 mai 2022 Ă  201902 A partir du mois de mai, c'est branlette tous les jours pour ne pas devenir fou C'est dĂ©jĂ  le cas 2 fois par jours toute l'annĂ©e Le 16 mai 2022 Ă  201945 Le 16 mai 2022 Ă  201726 Le 16 mai 2022 Ă  201627 Le 16 mai 2022 Ă  201240 Le 16 mai 2022 Ă  201136 Idem mais ne te focalise pas dessus c’est secondaire dans la vieSachant que c'est par cet acte que je suis actuellement lĂ  Ă  t'Ă©crire, non c'est pas secondaire, c'est mĂȘme la base de tout. J'en ai marre bordel de merde.. Ahaha pourquoi tu crois que moi je suis nĂ© grĂące Ă  une cigogne , je suis aussi puceau mais je vois le verre Ă  moitiĂ© pleins ça sert Ă  rien de se morfondreAge ? J'y arrive plus persoent. Je suis omnibulĂ© par ces conneries 21 ans je suis dans la fleur de l’ñge, toutes mes connaissances s’amusent avec les femmes et moi j’en ai jamais eu une seuleTu verras ce que c'est quand t'auras 25 ans et que tu as jamais touchĂ© une femme. Je te le souhaite pas Ă©videmment DĂ©butPage prĂ©cedentePage suivanteFin Victime de harcĂšlement en ligne comment rĂ©agir ?
SuisnĂ© en mai, c'est moi l'printemps D'un ventre Ă©pais, j'ai foutu l'camp Mais scarifiĂ©, mais en pleurant Mais sacrifiĂ©, mais en passant. Suis nĂ© en mai, c'est moi l'printemps J'ai rien d'mandĂ©, ouais mais pourtant J'ai dĂ©chirĂ©, Ă  grands coups dents Le fil d'acier m'emprisonnant Suis nĂ© en mai, c'est moi l'printemps Moi qui rĂȘvait, d'hiver tout blanc Na na na na, na na na na Na na
Suis nĂ© en mai, c'est moi l'printemps D'un ventre Ă©pais, j'ai foutu l'camp Mais scarifiĂ©, mais en pleurant Mais sacrifiĂ©, mais en passant. Suis nĂ© en mai, c'est moi l'printemps J'ai rien d'mandĂ©, ouais mais pourtant J'ai dĂ©chirĂ©, Ă  grands coups dents La suite des paroles ci-dessous Le fil d'acier m'emprisonnant Suis nĂ© en mai, c'est moi l'printemps Moi qui rĂȘvait, d'hiver tout blanc Na na na na, na na na na Na na na na, na na na na J'ai foutu l'camp Na na na na na, na na na na Na na na na na, na na na na Suis nĂ© en mai, c'est moi l'printemps D'un ventre Ă©pais, j'ai foutu l'camp Un ange déçu, ange de nĂ©on Un ange de plus, ange de nĂ©on La suite des paroles ci-dessous Suis nĂ© en mai, c'est moi l'printemps Quand j's'rai foutu, il rest'ra le vent Quand j'm'en irai, quand j's'rai partant Je parlerai, vous s'rez contents Suis nĂ© en mai, c'est moi l'printemps Moi qui espĂ©rais des anges troublants Suis nĂ© en mai, c'est moi l'printemps D'un ventre Ă©pais, j'ai foutu l'camp Na na na na, na na na na Na na na na na, na na na na Il est beau le printemps ! Non ? Il est tout p'tit pour les gens qui s'aiment comme le nous le printemps HĂ© hĂ© hĂ© hĂ© Il est beau le printemps Suis nĂ© en mai ouais voici C'est beau le printemps Les internautes qui ont aimĂ© "C'est Moi Le Printemps" aiment aussi
Cest le printemps ! Une chasse botanique. Chaque annĂ©e, c'est pareil : le printemps me surprend. Un peu comme si j'avais oubliĂ© Ă  quel point il est bon de respirer l'air tiĂšde, de vivre ces journĂ©es qui rallongent, d'observer cette nature en renaissance En fait, j'avais oubliĂ©. Au printemps, j'ai toujours l'impression d'ĂȘtre nĂ©e de
PubliĂ© le 18/08/2000 Ă  0000 Bon vivant, antiquaire de son Ă©tat, Alain SellarĂšs est un AriĂ©geois pure souche. Cycliste, gourmand, propriĂ©taire de deux boutiques, il cumule les activitĂ©s. Je suis nĂ© d'un pĂšre ariĂ©geois et d'une mĂšre d'origine corse. Entre le muscat de Frontignan et le vin corse, c'Ă©tait folklorique Ă  la maison ». Alain SellarĂšs a vu le jour Ă  Lyon, en 1947. Grand cru que le Morgon de cette annĂ©e lĂ  », souligne-t-il d'un clin d'oeil. Le regard bleu profond derriĂšre des lunettes demi-percĂ©es cerclĂ©es d'or, c'est d'une assiette gasconne qu'il se restaure. Foie gras, cou d'oie farci, magrets sĂ©chĂ©s et terrine, le tout accompagnĂ© d'un rosĂ© bien frais. Alain apprĂ©cie la bonne chaire. Un teint de bon vivant, sa chemise Ă  carreaux verts et bleus sortie de son jean clair, il prend son temps, Ă  la table du restaurant de la foire. De chiffonnier Ă  antiquaire Entre un verre d'eau et un verre de rosĂ©, il se lĂšve rapidement pour aller chercher des assiettes en plastique. Vous prendrez bien une part de croustade? » En trois bouchĂ©es, la sienne disparaĂźt. Direction ses antiquitĂ©s, meubles et bibelots divers. Un ours gigantesque surplombe l'ensemble de son stand. C'est une piĂšce magnifique, et de la rĂ©gion!» sourit-il, malicieux. Nous avons vĂ©cu Ă  Toulouse dans ma prime jeunesse. Mon pĂšre fabriquait des vĂ©los pour le tour de France. Cette pĂ©riode a durĂ© trois ans. Mon oncle, son frĂšre, Ă©tait chiffonnier. Un jour, il a proposĂ© Ă  mon pĂšre de venir. Alors nous nous sommes installĂ©s ici. Mais Ă  l'Ă©poque, prĂ©cise Alain, nous n'Ă©tions pas antiquaires. On ramassait les peaux de lapin, les mĂ©taux. Et de fil en aiguilles, on est devenu brocanteur, antiquaire. Moi? Je suis nĂ© dans les bibelots!» Le vĂ©lo, c'est un remĂšde » InstallĂ© depuis maintenant trente ans, propriĂ©taire d'une deuxiĂšme boutique Ă  ArgelĂšs, il s'amuse Je ne suis pas parti aux Etats-Unis pour faire fortune mais j'ai su prospĂ©rer en France ». Pourtant, Alain s'inquiĂšte de la relĂšve. Ma fille a tenu la boutique et m'a secondĂ© durant cinq annĂ©es. Mais elle a changĂ© de travail et la succession me cause beaucoup de souci. » Alain pense Ă  la retraite. Lui qui, Ă  l'Ăąge de seize ans, a Ă©tĂ© champion de cyclisme des PyrĂ©nĂ©es, aimerait taquiner Ă  nouveau la pĂ©dale. Le vĂ©lo? C'est le remĂšde Ă  tout. Pas besoin de mĂ©decin lorsque l'on roule! Et puis on respire le bon air d'ici. Pas comme Ă  Paris. Lorsque j'y vais pour livrer des meubles, et que je vois cette tour Eiffel couronnĂ©e d'une aurĂ©ole de pollution, je me dis Oh putain! Vivement la maison. » La gouaille d'Alain n'a d'Ă©gal que sa gĂ©nĂ©rositĂ©. Et comme il ironise lui mĂȘme, si je poursuis l'activitĂ© et que je trouve une masseuse pour mon arthrite, on se reverra l'annĂ©e prochaine, car cette foire est comme le bon vin, d'annĂ©e en annĂ©e, elle s'amĂ©liore. » StĂ©phanie GAUTHE.
Ainsi ĂŽ mon amour, veille sur toi-mĂȘme, comme je veille sur toi, non pour moi-mĂȘme, mais pour toi. Car je porte ton cƓur, et je le prĂ©serverai de tout mal, avec la vigilance d’une tendre nourrice pour son marmot. Ne rĂ©clame pas ton cƓur quand je n’ai plus le mien. Tu me l’as donnĂ©, ce n’est pas pour le reprendre.
ï»żParoles Suis nĂ© en mai, c'est moi l'printemps D'un ventre Ă©pais, j'ai foutu l'camp Mais scarifiĂ©, mais en pleurant Mais sacrifiĂ©, mais en passant. Suis nĂ© en mai, c'est moi l'printemps J'ai rien demandĂ©, ouais mais pourtant J'ai dĂ©chirĂ©, Ă  grands coups dents Le fil d'acier m'emprisonnant Suis nĂ© en mai, c'est moi l'printemps Moi qui rĂȘvait, d'hiver tout blanc Na na na na, na na na na Na na na na, na na na na J'ai foutu l'camp Na na na na na, na na na na Na na na na na, na na na na Suis nĂ© en mai, c'est moi l'printemps D'un ventre Ă©pais, j'ai foutu l'camp Un ange déçu, ange de nĂ©on Un ange de plus, ange de nĂ©on Suis nĂ© en mai, c'est moi l'printemps Quand j's'rai foutu, il rest'ra le vent Quand j'm'en irai, quand j's'rai partant Je parlerai, vous s'rez contents Suis nĂ© en mai, c'est moi l'printemps Moi qui espĂ©rais des anges troublants Suis nĂ© en mai, c'est moi l'printemps D'un ventre Ă©pais, j'ai foutu l'camp Na na na na, na na na na Na na na na na, na na na na Il est beau le printemps, non? Il est tout p'tit pour les gens qui s'aiment comme le nous le printemps HĂ© hĂ© hĂ© hĂ© Il est beau le printemps Suis nĂ© en mai ouais voici C'est beau le printemps
LEPROGRAMME N'ENGAGE QUE CEUX QUI LE LISENT. Alors restait une formule, « le printemps IsĂ©rois » allant du PS aux Insoumis, de Hollande Ă  MĂ©lenchon en quelques sorte. C’est tellement facile de s’entendre sur un programme qui n’engage que ceux qui le lisent. Las ce nouvel « arc humaniste » Piollesque est dĂ©jĂ  mort-nĂ©.
C’est l’histoire d’un film qui ne devait pas se faire. Le cinĂ©aste Henri Verneuil devait au dĂ©part tourner avec Jean Gabin une adaptation du roman de Roger Vercel Au large de l’Eden, l’histoire d’un commandant de morutier en route vers le Groenland. Son assistant Costa-Gavras Ă©tait parti faire des repĂ©rages Ă  Terre-Neuve. Pendant que le producteur Jacques Bar emmenait Jean Gabin Ă  bord d’un grand chalutier
 Mais le monstre sacrĂ© ne supportait pas l’odeur du poisson et du gazole. Ca pue ici, je ne veux plus faire ce film », aurait-il Ă  propos de Belmondo c’est moi Ă  20 ans »Le dialoguiste Michel Audiard propose alors Ă  Verneuil de changer de cap et d’adapter le roman d’Antoine Blondin Un singe en hiver prix InteralliĂ© 1959. Le rĂ©alisateur fait appel au jeune acteur de la nouvelle vague », Jean-Paul Belmondo 28 ans, qui sĂ©duira le vieux lion C’est moi Ă  20 ans », dira-t-il de lui la phrase est reprise dans le film. Claude Pinoteau premier assistant Ă©cume la cĂŽte normande avant de dĂ©nicher Villerville. D’autres scĂšnes extĂ©rieures seront tournĂ©es Ă  Houlgate et Ă  Trouville-Deauville, et le reste en tournage durera cinq semaines. L’alchimie gĂ©niale Blondin-Audiard, le prodigieux numĂ©ro de duettistes Gabin-Belmondo ce sera leur unique rencontre Ă  l’écran, des seconds rĂŽles hors pair Suzanne Flon, Paul Frankeur
 tous les ingrĂ©dients sont rĂ©unis pour bĂątir un chef -d’Ɠuvre. Avec la part d’imprĂ©vu » inhĂ©rente Ă  la philosophie du film et qui donne son piquant Ă  la Ă©pingle le filmPourtant, cette histoire de deux ivrognes » ne fait pas Ă  sa sortie mai 1962 l’unanimitĂ© des critiques et manque mĂȘme d’ĂȘtre censurĂ©e. TĂ©lĂ©rama Ă©pingle son immoralitĂ©. L’humanitĂ© est mesquine et la vie un pesant fardeau pour les sages et les seigneurs 
, telle est la sinistre “morale” de cette Ɠuvre Ă  la fois piĂštre et rĂ©voltante dans son esprit », Ă©crit Ă  l’époque Gilbert Salachas. Mais Jean Rochereau dans La Croix 29 mai 1962, visiblement trĂšs Ă©mu, parle d’une Ă©blouissante tragicomĂ©die ». Je ne devrais pas, je le sais, Ă©crire cela, Ă©crit-il. Car ce n’est pas bien, certes, de soutenir une Ɠuvre querellĂ©e par le ministĂšre de la SantĂ© publique. Mais qu’y puis-je ? si Un singe en hiver m’a mis le printemps au cƓur
 ». l31FP2b.
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